Vendredi ou les limbes du pacifique de Michel Tournier

Les livres et moi, c’est une aventure de vie. Ma première fois d’entendre parler du livre : Vendredi ou les limbes du pacifique, c’est en écoutant Jean Luc Melenchon à qui la journaliste demandait de citer deux livres qui l’ont marqué. Parmi ces deux livres, il a cité ce livre. Céla a retenu mon attention. J’ai continué mon chemin jusqu’à ma lecture de Zabor de Kamel Daoud où il parlait du même livre, on sentait que la lecture de ce livre l’avait marqué. J’ai encore continué mon chemin. Voilà qu’après avoir réélu l’Etranger de Camus, la lecture de Mersault contre Enquête s’impose à moi comme une évidence. Là aussi Kamel Daoud parle encore du même livre. Ça en fait trop. Le hasard, je le sais n’existe pas. Ce livre persiste, je vais donc à sa rencontre et pour être honnête, je pense qu’une seule lecture ne suffit point pour appréhender un tel texte ou sûrement que je n’ai pas encore les outils nécessaires pour comprendre véritablement un tel livre. C’est à la fois une œuvre philosophique et un roman. Les sujets évoqués sont parfois d’ordre métaphysiques tel que l’on se perd dans la lecture de ce livre tel un labyrinthe.  Si l’on s’y perd, on s’y retrouve également. Il y’a un tel paradoxe, ce livre est donc à la fois si simple et si complexe. Sa compréhension va donc dépendre du degré du lecteur.

Vendredi ou les limbes du pacifique de Michel Tournier

C’est l’histoire de Robinson Cryosé qui est le seul survivant du navire la Virginie. Il se retrouve seul sur une île. Là commence toute l’histoire, aux premières heures l’espoir, l’attente mais rien ne lui vient. Plus le temps passe, plus il désespère alors il décide de domestiquer les animaux de l’île, les chèvres et de se faire maître des lieux en faisant  de l’île un lieu habitable. Le voilà, il reproduit le processus de l’évolution de l’homme à zéro : Agriculture et élevage.

Malgré les conditions qu’il crée chaque jour, la solitude petit à petit le consume. Personne à qui parler, il se parle seul et écrit. C’est aussi céla qui fait la particularité de ce livre, tantôt, c’est l’auteur qui décrit la situation, nous parle des actions du protagoniste tantôt ce dernier lui-même qui s’adresse à nous. Le «je » prend donc le pouvoir. Dans ces moments là, on en apprend à ne pas finir. Il parle de tout à la fois, développe des réflexions et nous poussent à des interrogations.  Au delà de ces concepts. L’histoire continue. Quand pour la première fois, Tem, le chien qui était dans la Virginie, qui au départ l’avait fuit vient à lui. Il est heureux. Il ne se l’explique pas et ne sait point contenir sa joie. Le chien n’est il pas l’ami naturel de l’homme. Cet état de joie à la vue du chien nous montre le degré de solitude dans lequel était plongé Robinson sans avoir aucune notion du temps, suspendu seul dans cet île qu’il nommera désormais Speranza.  Notre homme qui auparavant risquait la folie.

Tout raconter n’est pas évident mais les circonstances feront que sur l’île, il trouvera la compagnie de vendredi qu’il sauvera de la main de ses bourreaux. Leur histoire devient compliquée en terme de cohabitation. Il bousculera toutes les règles établies par Robinson, règles qui de loin le rapproche de l’humanité. Les rapports changent, le maître n’est plus maître et l’esclave vendredi n’est plus esclavage. Pour autant sont ils amis ?

Qu’est-ce qui va se passer ensuite, une très belle histoire mais surtout une œuvre de réflexion par excellence sur ce que représente l’autre.

Un grand livre , c’est sûr que je le relirai pour mieux le comprendre.

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